Voilà une interrogation des plus étranges, n’est-ce pas… Et la réponse que je vous propose mérite clairement le détour.

En fait, au cours d’un examen de chimie, des étudiants ont dû plancher sur la question :

« l’enfer est-il exothermique ou endothermique (absorbe-t’il la chaleur, ou est-ce qu’il l’évacue) ? »

La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la loi de Boyle (si un gaz
se dilate il se refroidit et inversement) ou ses variantes.
Cependant, un étudiant eut la réponse suivante, absolument savoureuse :

The_Sceptical_Chymist

Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l’enfer avec le
temps. Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l’enfer.
Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu’une fois entrées en enfer, les âmes
n’en ressortiront plus. Du coup aucune âme ne sort.
De même pour le calcul du nombre d’entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le
fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd’hui.

L'enfer de Dante : Damnes pris dans les glaces - 1976

L'enfer de Dante : Damnes pris dans les glaces - 1976

La plupart de ces religions affirment que si vous n’êtes pas membre de leur religion, vous
irez en enfer. Comme il existe plus d’une religion exprimant cette règle, et comme les gens
n’appartiennent pas à plus d’une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont
en enfer…

Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l’enfer parce que la Loi de
Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer,
le volume de l’enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes ». Par
conséquent cela donne deux possibilités:
1) si l’enfer se dilate à une moindre vitesse que l’entrée des âmes en enfer, alors la
température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu’à ce que l’enfer
éclate.
2) si l’enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d’entrée des âmes en enfer, alors
la température diminuera jusqu’à ce que l’enfer gèle.
Laquelle choisir ?

L'enfer dans l' Hortus Deliciarum de Herrade de Landsberg (autour de 1180)

L'enfer dans l' Hortus Deliciarum de Herrade de Landsberg (autour de 1180)

Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica m’ayant affirmé durant
ma première année d’étudiant « Il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et en
tenant compte du fait que j’ai couché avec elle la nuit dernière, alors l’hypothèse doit être
vraie. Ainsi, je suis sûr que l’enfer est exothermique et a déjà gelé … Le corollaire de cette
théorie c’est que comme l’enfer a déjà gelé, il s’ensuit qu’il n’accepte plus aucune âme et
du coup qu’il n’existe plus… Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l’existence d’un
Etre divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n’arrêtait pas de crier « Oh….
mon Dieu !…. »

Cet étudiant étale dans sa réponse toute son intelligence, car il démontre qu’il connait ce qu’on lui demande sans oublier d’intégrer une histoire des plus amusantes. D’ailleurs, il est le seul ayant reçu la note 20/20.

Juste pour les curieux, voici un extrait de ce qu’on trouve sur Wikipedia sur Boyle (il est bien ce blog, on se cultive en s’amusant 😉 ):

Robert_Boyle_0001

Robert Boyle (1627-1691)

Lors d’expériences, Boyle découvrit la loi dite de Boyle-Mariotte (Edme Mariotte l’a découverte presque en même temps indépendamment de Boyle). Les conclusions de Boyle l’amenèrent à considérer la matière comme composée de particules primaires. Il rejetait donc la conception antique qui disait que toute matière est formée à partir de quatre éléments : la terre, l’air, l’eau et le feu. Boyle devint donc un précurseur à la théorie des atomes sur des bases expérimentales. Boyle a laissé son nom à une célèbre liqueur fumante de son invention (sulfure hydrogéné d’ammoniaque).

La loi de Boyle-Mariotte prend la forme P1V1 = P2V2, où P1 et V1 sont la pression et le volume d’un gaz dans un état initial (1), tandis que P2 et V2 décrivent un état final (2) à la même température. Cette loi est exacte avec les gaz parfaits et approximative avec les gaz réels.

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